Le Pique-prune, un des fleurons de la Sainte-Baume.
Pique-Prune femelle, J-C. Tempier
On l’appelle aussi Barbot ou Osmoderme, nom scientifique : Osmoderma eremita. On entend parler de cet insecte mythique car il est arrivé qu’il justifie l’arrêt du travail des bulldozers traçant une autoroute dans l’ouest de la France, tant il est rare et surtout protégé.
Mais peu de personnes ont pu l’apercevoir, ce qui rajoute au caractère énigmatique de l’insecte… C’est pour moi un grand plaisir de faire découvrir ce joyau. Mes recherches assidues m’ont permis de le découvrir deux fois, après bien des journées de prospection étalées sur de nombreuses années.
Voici un scarabée qui ne brille pas par sa beauté, mais plutôt par sa rareté. Marron foncé et assez brillant, il apparaît noir dans la lumière tamisée des frondaisons de la forêt. On dit qu’il a une odeur de prune ou de cuir de Russie… Effectivement le premier que j’ai découvert sentait une odeur de cuir, mais les deux autres ne sentaient rien. Seul le mâle s’est « parfumé », en vue d’attirer la belle dans son antre. Malgré son corps massif et lourd, c’est le plus grand de nos cétoines, l’insecte décolle rapidement, presque à la verticale, brusquement sans prévenir.Pique-Prune , J-C. Tempier
Son vol est assez rectiligne et un peu « lourd ». J’ai lu quelque part que lorsqu’il quitte son abri en s’envolant, il ne peut retrouver un site favorable et ne tarde pas à mourir. Je n’en crois rien. Lors de ma dernière observation, un Pique prune volait et, après avoir tourné autour d’un arbre, il se posa soudain sur le tronc, non loin d’un trou humide. A proximité, un autre Pique-prune était posé…
A l’inverse des autres cétoines se repaissant au soleil des étamines des fleurs, notre insecte fuit la lumière et mène une existence cachée dans les troncs d’arbres décomposés.
Il lui faut donc de grands arbres âgés qu’on trouve dans les forêts matures, les ripisylves et les grands bosquets qui ont échappé aux tronçonneuses. Sa larve se nourrit de sciure de bois décomposé par les champignons. En fait, c’est pour protéger ces biotopes que la législation française et européenne protège cet insecte.

Un proche parent, le Gnorime à huit points, vit également dans les troncs morts des grands arbres de la Sainte-Baume. C’est une espèce rare et localisée.
Jugés inutiles ou soi-disant dangereux, les vieux arbres sont systématiquement abattus. Il faut sans cesse rappeler que c’est dans les vieux arbres dépérissants, les troncs et branches mortes qu’on trouve le plus de vie !

 

 

 

 

 

1 commentaire

  1. Superbe article, et photos !!!